La Maplouine › Histoire de Saint-Malo
Histoire de Saint-Malo : d'Aleth à la cité corsaire
Saint-Malo est né du déménagement d'un évêque : le 16 août 1146, le pape Eugène III rend à l'évêque d'Aleth l'église du rocher de l'ermite Aaron, en face, et lui ouvre la voie pour y transporter son siège. La ville qui se forme appartient à l'évêque et à son chapitre, leur échappe peu à peu, se gouverne seule de 1590 à 1594, puis vit de la morue, du commerce de Cadix et de la course. Ce qu'on voit aujourd'hui derrière les remparts a brûlé pour grande partie en août 1944 suite aux bombardements alliés, et a été rebâti à partir de 1947.
D'Aleth au rocher : la ville de l'évêque et du chapitre
Avant Saint-Malo, il y a Aleth. Le promontoire qu'occupe aujourd'hui Saint-Servan est tenu dès le Ier siècle avant notre ère par les Coriosolites, peuple gaulois de la côte nord, puis ceinturé vers 270 d'un rempart romain dont un pan subsiste face à la ville close. Vers 538, un clerc venu du pays de Galles, Maclou, aborde en face, sur l'îlot où vivait l'ermite Aaron.
Les raids normands du IXe siècle vident la cité : les habitants passent sur le rocher, plus facile à tenir. Jean de Châtillon, évêque d'Aleth depuis 1144, entreprend d'y transporter son siège, mais l'église Saint-Malo-de-l'Isle avait été cédée en 1108 aux moines de Marmoutier. Le pape Lucius II refuse d'abord de le recevoir ; Eugène III entérine la restitution le 16 août 1146 et impose aux bénédictins un silence perpétuel. Le Pouillé de Rennes situe vers 1152 la fondation de la ville qui se forme autour de la nouvelle cathédrale.
L'évêque et le chapitre, collège des chanoines de la cathédrale, se partagent la seigneurie de cette ville née d'un monastère : c'est la seigneurie commune. Un concordat de 1219 règle qui juge : l'évêque présent tient la justice ; dès qu'il a franchi le Pont-l'Évêque, le chapitre l'exerce à sa place. La ville vit aussi du minihy, droit d'asile hérité des moines : qui s'y réfugie ne peut être arrêté pour un homicide commis ailleurs.
En 1382, l'évêque Josselin de Rohan refuse l'hommage au duc Jean IV : bâtie sur terre d'Église, la ville ne relèverait que du pape. Clément VII cède ses droits au roi de France en 1394, et Saint-Malo est une enclave française en terre bretonne jusqu'à sa restitution au duc Jean V, en 1415. En 1496, les bourgeois cessent de comparaître devant le chapitre, s'assemblent à l'abbaye Saint-Jean et s'attribuent le droit de maison de ville ; les chanoines répliquent par un mémoire en trente-neuf articles énumérant leurs droits. L'édit rendu par Anne de Bretagne en 1513 tranche : les assemblées se tiendront désormais à la maison de ville, convoquées par le gouverneur.

1590-1594 : la république de Saint-Malo
Trois pouvoirs se partagent la ville au XVIe siècle : l'évêque, le roi par le gouverneur qu'il installe au château, et la communauté des habitants menée par ses marchands. La troisième gagne du terrain. Au début du siècle, les habitants obtiennent le droit de lever l'impôt, d'abord pour entretenir les remparts. En 1585, ils élisent un conseil de douze conservateurs de la ville et du château, chargé, dit l'acte, de pourvoir aux choses nécessaires à la conservation de la place.
La mort d'Henri III, le 2 août 1589, met sur le trône un roi protestant. Les Malouins n'en veulent pas, et le gouverneur, Honorat de Bueil, baron de Fontaines, annonce qu'il ouvrira les portes à Henri IV. À minuit, le 11 mars 1590, une cinquantaine d'hommes conduits par Michel Frotet de la Bardelière et Jean Pépin de la Bélinaye prennent le château d'assaut. Le gouverneur tombe d'un coup d'arquebuse, avec huit de ses hommes. Le coup s'était préparé dans les rangs du conseil.
Dès le lendemain, le conseil de ville prend les dispositions pour se gouverner seul jusqu'à ce qu'un roi catholique monte sur le trône de France : c'est la naissance de la République de Saint-Malo. Il s'attribue la défense, la justice et le commerce. Ce n'est pas un soulèvement populaire : les mêmes familles négociantes tiennent le conseil avant et après, ce qui fait dire aux historiens qu'il s'agissait d'une oligarchie parlementaire. Pendant quatre ans et demi, Saint-Malo lève l'impôt et traite d'État à État.
Henri IV abjure le protestantisme le 25 juillet 1593 et se fait sacrer à Chartres le 27 février 1594 : la raison d'être de la république tombe. Une délégation malouine négocie avec le roi en avril. L'édit de réduction, signé le 4 octobre 1594, ramène la ville au royaume sans lui coûter une seule de ses franchises : les responsables des faits commis depuis 1590 ne seront pas poursuivis, le conseil garde ses pouvoirs, un gouverneur revient au château, les marchands sont exemptés de taxes six ans. Le Parlement de Bretagne enregistre l'accord le 5 décembre.
La course n'est pas la piraterie
La course est une activité de temps de guerre, légale et contrôlée. Le pouvoir royal délivre à l'armateur une commission en guerre, ou lettre de marque, qui autorise un navire nommé, pour une durée généralement courte, à courir sus aux ennemis de l'État. Le corsaire doit déclarer ses prises, qu'un tribunal valide ou refuse, et traiter les équipages capturés en prisonniers de guerre. Pris lui-même, il est prisonnier de guerre. Le pirate, qui n'agit que pour son compte et en tout temps, est pendu.
Environ mille armements en course sont recensés pour la seule ville de Saint-Malo entre 1688, premiers jours de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, et 1713, année du traité d'Utrecht, de l'embuscade contre le cabotage anglais à la frégate qui guette les long-courriers. À partir de 1695, le roi prête des vaisseaux : c'est la grande course.
Elle culmine en 1711. Le trésor royal étant vide, René Duguay-Trouin, né à Saint-Malo en 1673, fait financer son expédition contre Rio de Janeiro par une société au capital de sept cent mille livres, souscrite par le comte de Toulouse et par des négociants malouins. L'escadre force la passe le 12 septembre 1711 et tire de la ville une rançon estimée à quatre millions de livres. Duguay-Trouin annonce 92% de profit aux intéressés !
Le 7 octobre 1800, dans le golfe du Bengale, Robert Surcouf enlève à l'abordage le Kent, navire de mille deux cents tonneaux de la Compagnie anglaise des Indes, avec la Confiance, plus faible en canons et en hommes. Il a vingt-six ans, cesse de naviguer en 1809 et devient armateur. Un autre nom circule, celui de Pierre Porcon de la Barbinais, « Régulus malouin » qui serait revenu se livrer au dey d'Alger, récit légendaire du courage des navigateurs malouins.
Terre-Neuve, Cadix, la mer du Sud : d'où venait l'argent
La course n'a jamais été la première source de richesse malouine. La morue était le socle de l'activité maritime. On la séchait sur le Sillon dès 1519 ; vers 1535, Saint-Malo armait vingt-cinq navires pour Terre-Neuve, puis soixante à cent par an, avec trois à quatre mille hommes embarqués six mois. Elle se vendait au-delà de Gibraltar, à Civitavecchia dès 1571, à Livourne et à Gênes.
Cette pratique précoce des côtes nord-américaines vaut à Jacques Cartier d'être choisi par François Ier. Il appareille de Saint-Malo le 20 avril 1534 avec deux navires d'une soixantaine de tonneaux et soixante et un hommes, et atteint Terre-Neuve en vingt jours. Le 24 juillet, à Gaspé, il fait dresser une croix aux armes de France devant le chef iroquoien Donnacona, qui proteste. Deux autres voyages suivent, en 1535 et en 1541 ; aucun ne trouve le passage vers l'Asie.
La deuxième ressource est le commerce d'Espagne. Les toiles de lin de Quintin et de Loudéac s'échangent sur les marchés hispano-américains contre l'argent des mines du Mexique et du Pérou. Le monopole impérial réservant l'Amérique aux seuls Espagnols, les Malouins tiennent la ligne maritime et les maisons de commerce de Sanlúcar, puis de Cadix après 1600 : Magon, Le Fer, Éon, Vincent. Les auteurs tiennent ce commerce pour la base principale de la fortune malouine, devant la course.
La troisième est brève mais considérable : à partir de 1698, sous l'impulsion de l'armateur Noël Danycan, les Malouins vont vendre directement aux colons du Chili et du Pérou : c'est l'interlope de la mer du Sud, un trafic interdit par Madrid. Ils passent le cap Horn régulièrement à partir de 1704-1705 et chargent à Arica l'argent du Potosí. Les mêmes hommes créent leur propre Compagnie des Indes, active de 1708 à 1719 sur Pondichéry, le Bengale et le café de Moka, jusqu'à ce que la compagnie de Law leur retire le monopole. Avec plus de deux cent trente armements négriers, surtout entre 1740 et 1775, Saint-Malo figure au cinquième rang des ports français de la traite.
Vauban, Garangeau et les accroissements de la ville close
Les travaux conduits de 1689 à 1695 mettent la ville hors d'atteinte par mer. Vauban nomme en 1691 Siméon Garangeau ingénieur en chef et directeur des fortifications de Saint-Malo ; il y restera jusqu'à sa mort, en 1741. Les forts à la mer sortent de l'eau, dont le fort de la Conchée, entrepris en 1692 sur la roche de Quincé. L'enceinte perd ses tours médiévales, incapables d'encaisser le boulet de fonte, au profit de bastions reliés par des courtines. Deux escadres anglo-hollandaises échouent devant la ville, en novembre 1693 et en juillet 1695.
Restent la terre et la place. Moins de seize hectares, et une population de plus de vingt mille habitants à la fin du XVIIe siècle. Vauban propose en 1696 un bassin à flot isolé par une écluse, pour que les navires cessent d'échouer deux fois par jour. Creusé dans les marais, l'ouvrage aurait soudé la ville au bourg de Saint-Servan. L'hostilité des Malouins fait tomber le projet, repris seulement en partie au XIXe puis au XXe siècle.
Faute de bassin, on gagne du terrain sur le rocher. Le premier accroissement s'ouvre en 1708 : c'est le quartier du Fief, avec la porte Saint-Vincent. Le deuxième commence en 1714 au sud, le troisième en 1721, entre le bastion Saint-Louis et la Grand'Porte. Un quatrième, lancé en 1737, ne sera pas mené à terme, l'âge d'or étant passé. Les Malouins n'en voulaient pas : plus d'hôtels et d'immeubles de rapport, c'était moins de valeur pour les leurs. Garangeau remplace les trois quarts de l'enceinte entre 1708 et 1742 et porte la ville close de seize à vingt-quatre hectares.

Août 1944 : la ruine et la reconstruction
Les Américains entrent en Bretagne le 1er août 1944 et bloquent tous les accès de Saint-Malo le 4 août. Le colonel Andreas von Aulock, qui commande la forteresse depuis les souterrains d'Aleth, fait évacuer la population. Les premiers obus américains tombent sur la ville close le dimanche 6 août, alors que la garnison qui s'y trouve ne compte pas plus de soixante-dix hommes.
Dans la nuit du 9 au 10 août, dix-huit otages malouins enfermés au fort National sont tués par des obus alliés. Le 14 août, cent cinquante bombardiers lourds B-24 reviennent sur la ville et le château ; les incendies qui suivent achèvent l'intra-muros. La cité d'Aleth se rend le 17 août, l'île de Cézembre le 2 septembre, après trois semaines de pilonnage.
Le relevé donne 683 des 865 immeubles de la ville close en ruines. Les remparts, eux, ont tenu. La proportion de bâti détruit est portée à 80 % par la plupart des auteurs. Sur dix mille habitants avant guerre, il fallait en reloger la moitié.
La première pierre est posée le 26 janvier 1947. Louis Arretche coordonne le chantier et fixe les principes ; Raymond Cornon, architecte en chef des monuments historiques, prend en charge les immeubles anciens, restaurés, remontés pierre à pierre ou rebâtis d'après relevé. Le parcellaire est remembré, les rues élargies, les façades réglées sur les hôtels de granit des ingénieurs du XVIIIe siècle sans que les disparues soient copiées. La flèche de la cathédrale, remontée en 1971, ferme la silhouette. Saint-Servan et Paramé rejoignent la commune par décret le 26 octobre 1967.
Vingt de ces lieux dans La Maplouine
La carte en compte plus de 950. En voici vingt qui tiennent à ce sujet, avec leur commune et leur catégorie. Chacune porte dans la carte une notice complète, en français et en anglais, géolocalisée et consultable sur le terrain.
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Saint-Malo, histoire de la commune
La chronologie du rocher tenue d'un bout à l'autre, de l'ermitage d'Aaron à la fusion des trois communes en 1967.
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Bâti par les ducs contre la ville autant que contre l'ennemi, et détaché de l'enceinte urbaine pour cette raison.
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Son grand pignon regarde les rues et non la mer : l'orientation dit à qui s'adressait la menace.
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L'entrée principale d'aujourd'hui sort du premier accroissement ; elle n'a eu qu'un seul passage jusqu'au XIXe siècle.
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La fin de la République et le retour du roi
Comment une ville rebelle rentre dans le royaume en négociant l'amnistie et en gardant l'intégralité de ses privilèges.
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Le Conseil des douze et les trois pouvoirs
L'institution élue en 1585 où s'est préparé le coup de 1590, et qui a survécu au retour du gouverneur.
- Intra-Muros · Histoire
Armes de Saint-Malo et devise Semper fidelis
La herse, l'hermine et les deux dogues du guet, avec une infraction à la règle héraldique assumée sur l'écu.
- Intra-Muros · Histoire
Ni Français ni Breton - Malouin suis
Un dicton pris pour une devise : la formule qu'on lit sur toutes les enseignes n'en est pas une.
- Intra-Muros · Histoire
Jacques Cartier et le départ de 1534
Le départ d'avril, la traversée de vingt jours et la croix plantée à Gaspé devant un chef qui proteste.
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Duguay-Trouin et la prise de Rio
Une opération de guerre montée comme une affaire commerciale, faute d'un trésor royal capable de la financer.
- Intra-Muros · Histoire
Surcouf et la prise du Kent
L'abordage qui a fixé pour deux siècles l'image française du corsaire, gagné par le plus faible des deux navires.
- Intra-Muros · Histoire
Gouin de Beauchesne et la mer du Sud
Le Malouin qui ouvre la route du cap Horn aux armateurs, et avec elle le commerce interdit des colonies espagnoles.
- Saint-Servan · Histoire
Danycan et la Compagnie de la mer du Sud
L'homme qui a organisé le trafic malouin vers le Pacifique, et dont la fortune se lit dans deux édifices de Saint-Servan.
- Forts et îles · Fortifications
Fort National
Un fort qui a changé de nom à chaque régime, jamais pris d'assaut, et devenu prison allemande en 1944.
- Forts et îles · Fortifications
Fort de la Conchée
Bâti sur un caillou de soixante-dix mètres à deux milles au large, et attaqué avant même d'être achevé.
- Intra-Muros · Histoire
Le projet de bassin à flot de Vauban
Le port que Saint-Malo aurait pu avoir dès 1696, et la raison pour laquelle les Malouins n'en ont pas voulu.
- Intra-Muros · Histoire
Yves Charlot et Michel Hesry
Deux noms sur un mur : la libération de la ville s'est jouée rue par rue, et des habitants y ont pris les armes.
- Intra-Muros · Histoire
Première pierre de la reconstruction
Le point de départ du chantier qui a rendu à la ville close une allure ancienne qu'elle n'a plus.
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Questions auxquelles répond La Maplouine
- Pourquoi Saint-Malo est-elle appelée la cité corsaire ?
Parce que ses armateurs ont pratiqué la course à très grande échelle. Le ministère de la Culture chiffre à près de mille les armements en course partis de Saint-Malo entre 1688 et 1713 ; André Lespagnol en compte neuf cents, avec un maximum de soixante-quinze pour la seule année 1696. Duguay-Trouin et Surcouf, nés dans la ville, ont fixé l'image. Le commerce, lui, rapportait davantage que la course.
- Qu'est-ce que la république de Saint-Malo ?
Une indépendance de fait, du 11 mars 1590 au 4 octobre 1594. Refusant de reconnaître Henri IV, roi protestant, une cinquantaine de Malouins prennent le château et tuent le gouverneur ; dès le lendemain, le conseil de ville prend les dispositions pour se gouverner seul jusqu'à ce qu'un roi catholique monte sur le trône de France. L'édit de réduction du 4 octobre 1594 rend la ville au royaume.
- Quelle est la différence entre un corsaire et un pirate ?
Le corsaire agit sur commission. Le roi lui délivre une lettre de marque qui autorise un navire nommé, pour un temps limité, à attaquer les bâtiments d'une nation ennemie ; il doit déclarer ses prises devant un tribunal et traiter les équipages capturés en prisonniers de guerre. Capturé, il est lui-même prisonnier de guerre. Le pirate agit pour son compte, en tout temps, et il est pendu.
- Quand Saint-Malo a-t-elle été fondée ?
Le rocher ne portait qu'un ermitage puis un petit monastère quand le pape Eugène III rendit à l'évêque d'Aleth, le 16 août 1146, l'église que réclamait Jean de Châtillon pour y transporter son siège. La ville s'est formée autour de la nouvelle cathédrale, et le Pouillé de Rennes situe sa fondation vers 1152. Aleth, sur la rive d'en face, était occupée depuis le Ier siècle avant notre ère.
- Quelle est la devise de Saint-Malo ?
La seule devise officielle est Semper fidelis, toujours fidèle. « Ni Français, ni Breton, Malouin suis », qu'on lit sur les enseignes, est un dicton et non une devise : il ne correspond à aucunes armes connues.
- Que s'est-il passé à Saint-Malo en août 1944 ?
Les Américains bloquèrent les accès de la ville le 4 août ; les premiers obus tombèrent sur la ville close le 6 ; cent cinquante bombardiers lourds revinrent le 14, et les incendies achevèrent l'intra-muros. La cité d'Aleth se rendit le 17 août, Cézembre le 2 septembre. 683 des 865 immeubles de la ville close étaient en ruines ; les remparts, eux, avaient tenu.
- Depuis quand Saint-Servan et Paramé font-ils partie de Saint-Malo ?
Depuis le décret du 26 octobre 1967, qui réunit les trois communes. Au recensement de 1962, Saint-Malo comptait 17 137 habitants, Saint-Servan 14 963 et Paramé 8 811 : la ville née de la fusion dépassait les quarante mille habitants et devenait la deuxième d'Ille-et-Vilaine. Les Malouins y avaient longtemps été hostiles.
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Sources de cette page
- Wikipédia FR, Jean de la Grille, https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_la_Grille — épiscopat d'Aleth de 1144 à 1146, refus de Lucius II en 1144, intervention de Bernard de Clairvaux, entérinement du transfert par Eugène III le 16 août 1146 et silence perpétuel imposé aux moines de Marmoutier (d'après Chédeville et Tonnerre, La Bretagne féodale, p. 259).
- Guillotin de Corson, Pouillé de Rennes, repris par infobretagne, La ville de Saint-Malo et la seigneurie commune, https://www.infobretagne.com/saint-malo-seigneurie.htm — fondation de la ville vers 1152, seigneurie commune de l'évêque et du chapitre, concordat de 1219 et Pont-l'Évêque, minihy et droit d'asile, bulle de Nicolas V du 29 octobre 1453, ordonnance de 1539, refus d'hommage de Josselin de Rohan en 1382, cession de Clément VII en 1394, rupture des bourgeois en 1496 et mémoire des chanoines en trente-neuf articles, édit d'Anne de Bretagne de 1513.
- Wikipédia FR, Aleth, https://fr.wikipedia.org/wiki/Aleth — occupation coriosolite du promontoire, rempart romain de trois à quatre mètres sur 1 400 mètres vers 270-280, arrivée de Maclou vers 538 auprès de l'ermite Aaron, repli des habitants sur le rocher après les raids normands, fortification allemande et reddition du 17 août 1944.
- Wikipédia FR, République de Saint-Malo, https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_de_Saint-Malo — assaut du 11 mars 1590, gouverneur et huit hommes tués, formule de la proclamation « jusqu'à ce que Dieu eût donné à la France un roi catholique », abjuration du 25 juillet 1593, sacre du 27 février 1594, délégation d'avril 1594, édit de réduction signé le 4 octobre 1594, enregistrement par le Parlement de Bretagne le 5 décembre, franchises conservées et exemption de taxes de six ans.
- Gilles Foucqueron cité par Céline Diais, Le Télégramme, repris par La France pittoresque le 10 décembre 2020, https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article12396 — coexistence des trois pouvoirs, droit de lever l'impôt obtenu au début du XVIe siècle, élection en 1585 du conseil de douze conservateurs de la ville et du château, réunion hebdomadaire et compte rendu mensuel, heure et meneurs de l'assaut de 1590 (Michel Frotet de la Bardelière et Jean Pépin de la Bélinaye), qualification d'oligarchie parlementaire, amnistie et retour du gouverneur.
- Ministère de la Culture, Les épaves corsaires de la Natière, La guerre de course, https://archeologie.culture.gouv.fr/epaves-corsaires/fr/la-guerre-de-course — définition de la course, commissions en guerre délivrées pour un à quatre mois, distinction d'avec la piraterie et la flibuste, près de mille armements malouins entre 1688 et 1713.
- Ministère de la Culture, Les épaves corsaires de la Natière, Saint-Malo vers 1700, https://archeologie.culture.gouv.fr/epaves-corsaires/fr/saint-malo-vers-1700 — moins de seize hectares intra-muros et plus de vingt mille habitants à la fin du XVIIe siècle, travaux de Vauban de 1689 à 1695, projet de bassin à flot de 1696 et hostilité des Malouins.
- Wikipédia FR, Lettre de marque, https://fr.wikipedia.org/wiki/Lettre_de_marque — nature de la lettre patente, obligations de déclaration des prises, traitement des équipages et des corsaires capturés en prisonniers de guerre.
- André Lespagnol, Quand Saint-Malo commerçait avec le monde, Place Publique Rennes, http://www.placepublique-rennes.com/article/Quand-Saint-Malo-commercait-avec-le-monde-1 — séchage de la morue sur le Sillon dès 1519, vingt-cinq navires pour Terre-Neuve vers 1535, puis soixante à cent navires et trois à quatre mille hommes par an, marchés de Civitavecchia dès 1571, toiles de Quintin-Loudéac et maisons de Sanlúcar puis Cadix après 1600 (Magon, Le Fer, Éon, Vincent), primauté du commerce d'Espagne sur la course, interlope de la mer du Sud 1698-1717 et cap Horn à partir de 1704-1705, Compagnie des Indes malouine de 1708 à 1719 et perte du monopole au profit de Law, plus de 230 armements négriers et cinquième rang français, 900 armements en course entre 1689 et 1713 avec un pic de 75 en 1696.
- Musée canadien de l'histoire, Musée virtuel de la Nouvelle-France, Jacques Cartier 1534-1542, https://www.museedelhistoire.ca/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france/les-explorateurs/jacques-cartier-1534-1542/ et Parcs Canada, Le premier voyage (1534), https://parcs.canada.ca/lhn-nhs/qc/cartierbrebeuf/culture/histoire-history/evenement-event/cartier/a — appareillage du 20 avril 1534, deux navires d'environ soixante tonneaux, soixante et un hommes, Terre-Neuve atteinte en vingt jours, départ du troisième voyage le 23 mai 1541.
- Wikipédia FR, Jacques Cartier, https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Cartier — croix dressée à Gaspé le 24 juillet 1534, mort à Saint-Malo le 1er septembre 1557.
- Wikipédia FR, Bataille de Rio de Janeiro (1711), https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Rio_de_Janeiro_(1711) — financement privé par une société au capital de 700 000 livres souscrite par le comte de Toulouse, Danycan, Magon de la Lande et d'autres négociants malouins ; passe forcée le 12 septembre 1711 ; rançon estimée à quatre millions de livres ; trois navires perdus au retour ; quatre-vingt-douze pour cent de profit annoncés par Duguay-Trouin.
- Musée d'histoire de Saint-Malo, notice de L'abordage du Kent par La Confiance (Garneray), https://webmuseo.com/ws/musee-histoire-saint-malo/app/site/garneray — prise du Kent le 7 octobre 1800 dans le golfe du Bengale par Robert Surcouf (1773-1827).
- Wikipédia FR, Pierre Porcon de La Barbinais, https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Porcon_de_La_Barbinais — première apparition du récit dans la Biographie des Malouins célèbres de l'abbé Manet, 1824, p. 76-78 ; absence de tout texte du XVIIe siècle ; réfutation de Marcel Emerit.
- Marcel Emerit, Une édifiante légende, Le Regulus breton, Porcon de la Barbinais, Annales de Bretagne, tome 73, no 2, 1966, p. 283-286, https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1966_num_73_2_2341 — démonstration du caractère légendaire du récit et de sa transmission depuis Manet par Guilbert, Henri Martin et Victor Duruy.
- Wikipédia FR, Siméon Garangeau, https://fr.wikipedia.org/wiki/Sim%C3%A9on_Garangeau — nomination par Vauban en 1691 comme ingénieur en chef et directeur des fortifications de Saint-Malo, mort à Saint-Malo en 1741, agrandissements de 1708-1710, 1714-1725, 1721 et 1737, attaques anglo-hollandaises de novembre 1693 et juillet 1695.
- Wikipédia FR, Remparts de Saint-Malo, https://fr.wikipedia.org/wiki/Remparts_de_Saint-Malo — remplacement des tours médiévales par des bastions reliés par des courtines, trois quarts de l'enceinte refaits entre 1708 et 1742, passage de seize à vingt-quatre hectares, développement de 1 754 mètres, ultime transformation de 1855-1864, remparts épargnés en août 1944 et classés le 12 juillet 1886.
- Philippe Petout cité par Balades armoricaines, Quand Garangeau voulut agrandir Saint-Malo, https://www.baladesarmoricaines.fr/2021/01/15/quand-garangeau-voulut-agrandir-saint-malo/ — premier accroissement commencé en 1708, deuxième à partir de 1714, troisième à partir de 1721, quatrième lancé en 1737 et resté inachevé, hostilité de la communauté de ville par crainte de la baisse des valeurs immobilières, passage de 16 à 24 hectares.
- infobretagne, Saint-Malo : histoire, patrimoine, noblesse, https://www.infobretagne.com/saint-malo.htm — accroissement du Fief en 1708-1710, accroissements de 1714, 1721, 1737 et 1855-1864, enceinte primitive d'environ seize hectares, commune éphémère de 1308, bulle du 4 juin 1394 ratifiée en 1395, rattachement de Paramé et Saint-Servan en 1967.
- Wikipédia FR, Château de Saint-Malo, https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Saint-Malo — perte de la ville au profit du roi de France en 1395 et restitution au duc Jean V en 1415, Grand Donjon entrepris en 1424 pour tenir les Malouins en sujétion, tour La Générale de 1475, tour Quic-en-Groigne de 1498-1501, assauts de 1590 et de 1792, caserne jusqu'en 1921 et musée en 1927.
- Wikipédia FR, Libération de Saint-Malo, https://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ration_de_Saint-Malo — entrée en Bretagne le 31 juillet 1944, ordre d'évacuation de von Aulock, premiers obus sur la ville close le 6 août, garnison intra-muros d'environ soixante-dix hommes, dix-huit otages tués au fort National dans la nuit du 9 au 10 août, bombardement du 14 août par cent cinquante B-24, reddition d'Aleth le 17 août et de Cézembre le 2 septembre, 683 des 865 immeubles en ruines, 80 % de destruction (75 % selon Alain Nafilyan), première pierre posée le 26 janvier 1947.
- Alain Nafilyan, Enjeux de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale : Saint-Malo et le choix des styles, Bulletin monumental, vol. 170, no 2, 2012, p. 171-172, https://doi.org/10.3406/bulmo.2012.8300 — estimation de 75 % de bâti détruit.
- Association nationale des architectes des bâtiments de France, La Pierre d'Angle, Saint-Malo intra muros, une reconstruction à l'identique ? (2/2), https://anabf.org/pierredangle/dossiers/littoral/saint-malo-intra-muros-une-reconstruction-a-lidentique-2-2 — dix mille habitants avant guerre dont la moitié à reloger, rôles respectifs de Louis Arretche et de Raymond Cornon, remembrement du parcellaire, référence aux hôtels des ingénieurs du XVIIIe siècle, flèche de la cathédrale posée en 1971 par Pierre Prunet.
- France 3 Bretagne, Il y a 50 ans, naissait le Grand Saint-Malo, https://france3-regions.franceinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/saint-malo/il-y-50-ans-naissait-grand-saint-malo-1353895.html — décret de fusion du 26 octobre 1967, populations au recensement de 1962 (Saint-Malo 17 137, Saint-Servan 14 963, Paramé 8 811) et total de plus de 42 000 habitants.
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